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Fonds Louis Colin Bibliothèque de la Ville de la Chaux-de-Fonds, Département audiovisuel, La Chaux-de-Fonds
La foule des clients du photographe Louis Colin, restés anonymes pour nous, forme un portrait muet de la société chaux-de-fonnière du troisième quart du XIXe siècle. Les négatifs sur plaques de verre témoignent du travail du photographe dans son atelier – et dans quelques très rares cas en extérieur. Ce fonds
est composé de portraits photographiques réalisés en atelier. Le
portrait individuel est le plus fréquent, à mi-corps ou en pied, suivi
du portrait de couple. Quelquefois, un portrait de groupe rassemble
devant l’objectif une famille, des amis ou des coreligionnaires. Les
plaques, pour la plupart, sont composées de deux poses dans les mêmes
conditions (posture, avec présence ou non d’accessoires), mais dans un
mouvement légèrement différent. La mise en scène, le décor et les
accessoires rappellent les portraits peints des siècles précédents :
balustrade, guéridon, table, banc en bois ou fauteuil. Ces éléments
servent à la fois de décor et d’appui pour le modèle.
Dans la soupente de l’immeuble situé à la rue de l’Hôpital 15 (actuellement Numa-Droz 56) ont été retrouvées en 1986, par un de ces hasards qui permettent de fabuleuses découvertes, plus de 2500 plaques de verre au collodion, recouvertes de suie et dans un état précaire. Sauvetage miraculeux s’il en est ! Cette collection est datée vers 1860-1880 grâce au procédé photographique au collodion lui-même ; l’observation des vêtements et coiffures des modèles du photographe corrobore cette datation. Les précieuses plaques ont été numérisées afin que soit conservée pour chacune une image informatique. De l’auteur, hormis son nom, sa profession et son adresse, nous ne savons presque rien. Nous pouvons déduire de la quantité de photographies retrouvées un atelier florissant ainsi que des techniques de travail correspondant à ce que ces contemporains pratiquaient : l’art du portrait en intérieur.
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