Photo-Conservation
Nouveau fichier
Fonds André Schmid
 
Musée historique de la Ville de Lausanne, Lausanne
 
Le fonds du photographe André Schmid (1836-1914) est légué en 1973 au Musée historique de Lausanne. D’un intérêt majeur sur le plan patrimonial, il est à plus d’un titre exemplaire des problématiques liées au traitement de ce type de fonds et aux moyens mis en œuvre pour les résoudre.
Composé de plus de 6000 positifs, principalement sur papier albuminé, et d’environ 3000 négatifs au collodion sur plaques de verre, il est stocké pendant de nombreuses années dans une cave humide. Ce fonds est conditionné à l’origine par André Schmid selon une logique rigoureuse. Il subit ensuite de nombreuses manipulations qui aboutissent à sa dispersion dans des lieux différents et finalement à la destruction d’un ordre et d’une logique de classement, ainsi qu’à la perte d’informations essentielles : datation, localisation, identification des portraits, etc.
Il s’agit donc de traiter rapidement cet ensemble, non seulement pour lui assurer une conservation optimale, mais aussi pour le rendre accessible à un large public.
Une recherche historique permet de retrouver les quelques archives encore existantes, de comprendre comment fonctionnent les premiers ateliers à vocation commerciale ouverts dès 1860 et de regrouper au Musée historique et au Musée de l’Elysée l’essentiel des photographies d’André Schmid. Un inventaire est entrepris, publié et diffusé. Un bilan de l’état sanitaire du fonds, réalisé par Christophe Brandt, montre à quel point il est urgent de prendre des mesures de sauvegarde. Grâce à Memoriav, quelques centaines de positifs sont restaurés. Enfin, en 1998, une exposition et un catalogue marquent l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Aujourd’hui, le fonds Schmid est largement consulté et l’atelier numérique du musée a déjà scanné environ 1000 phototypes, dans le but de les soustraire à toute manipulation. Il reste encore plus de 2000 plaques et de nombreux positifs à traiter.
Tout conservateur s’interroge sur la pertinence de ses choix lorsqu’il définit les priorités de traitement des fonds. Quels vont être les éléments déterminants : l’état sanitaire, l’intérêt historique, documentaire et patrimonial, la qualité esthétique ? Le fonds Schmid réunit tous ces critères et la décision de s’en occuper au plus vite est alors une évidence! Il regroupe la quasi-totalité de la production du photographe de 1857 à 1910, apportant un précieux témoignage sur les débuts de la photographie, son évolution, ses différents usages. Le regard qu’André Schmid porte sur la société de son temps est riche d’enseignements pour le chercheur ou le passionné d’histoire.
André Schmid, comme beaucoup de ses contemporains actifs dans le domaine, participe avec passion à la mise en place d’un moyen de reproduction et de représentation révolutionnaire. Il expérimente de nouvelles techniques, s’engage aux côtés des pionniers d’Europe et d’Amérique qui échangent alors connaissances et découvertes. A l’origine dessinateur en dentelle, André Schmid fait de sa nouvelle profession une activité lucrative, alliant un flair commercial certain à des compétences scientifiques, techniques et artistiques. Précurseur en la matière, il comprend que, dans le contexte social et économique d’une petite ville comme Lausanne, la diversification est le secret de la réussite. Il partage dès lors son temps entre le travail en atelier où bourgeois, commerçants et artisans se font photographier devant différents décors et le travail en extérieur, sillonnant la Suisse et la France voisine des lacs aux montagnes, choisissant les lieux les plus fréquentés par les touristes, ceux qui ont été abondamment représentés par les peintres ou par ses concurrents à la tête de grands ateliers, tels que Braun, Frith, Charnaux ou Julien. Les vues qu’il ramène de ses expéditions sont soit vendues directement à une clientèle locale ou touristique, soit diffusées par l’intermédiaire des bazars et librairies. Les localités du canton de Vaud et des villes comme Lausanne, Genève, Fribourg, Berne, Lucerne ont également intéressé André Schmid. Il en photographie les quartiers et bâtiments historiques, ainsi que les infrastructures symbolisant le progrès (gares, ponts métalliques, hôtels de luxe, théâtres, etc.). Enfin, il tire une part de ses revenus de reproductions d’œuvres d’art, de commandes passées par les propriétaires de pensions, par certains artisans (photos de machines) ou industriels (fabrique de boites à musique Cuendet-Develey ou Paillard à Sainte-Croix) ou encore de séries d’images sur diverses fêtes (Tir fédéral, Fête des Vignerons, etc.).
Cette énumération non exhaustive permet de mesurer l’ampleur et la richesse du fonds Schmid. Il faut souligner qu’il est rare qu’un ensemble aussi exceptionnel, par son homogénéité, par la quantité et la qualité des images, ainsi que par son ancienneté, parvienne jusqu’à une institution publique.
  
Nature du projet :
 
 
Publication :
Conservation, restauration et catalogage de 200 épreuves sur papier albuminé.
 
Traces-100 ans de patrimoine photographique en Suisse,
ISCP Neuchâtel / Memoriav Berne, 2004.
 
André Schmid (1836-1914), Musée de l'Elysée, Musée historique de Lausanne, Association du Vieux-Lausanne, 1998.

Site Web du fonds:
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

    

 
 
 
 

Péricles - Gestion de projetsspacerGalilée - Gestionnaire de sites webspacerCopernic - Gestionnaire de documentsspacerHermès - Messagerie

Photo-Conservation.ch - Institut suisse pour la conservation de la photographie
Faubourg de l'Hôpital 14 - CH-2000 Neuchâtel tél. +41 32 725 39 55 - office@photoconservation.ch

Hemmer.ch