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Conservation et restauration de documents anciens et contemporains
 
La restauration des documents photographiques est une discipline récente, encore peu développée en Europe,
et qui repose sur trois éléments essentiels:
  • une parfaite connaissance de l'histoire de la photographie et de l'histoire des procédés
  • une maîtrise technique qui relève d'un savoir à la fois scientifique et artistique
  • le respect et l'application de la charte de restauration
Toute intervention débute par un examen attentif du document en présence, de manière à identifier la technique utilisée. En effet, il faut garder à l'esprit qu'une photographie - terme générique - peut être réalisée à partir d'une centaine de procédés différents. Cette première étape permet d'établir avec précision la nature du support (métal, papier, verre...), la composition de la couche image (sels argentiques, fer, platine, pigments...) et de son liant (amidon, albumine, collodion, gélatine...). 
 
Suivront une série de mesures physico-chimiques, de micro-analyses, de relevés des altérations à l'oeil ou à la loupe binoculaire, bref... l'établissement d'un véritable diagnostic qui, au terme de l'analyse, permettra de décider du ou des traitements à appliquer. 
 
Nos travaux portent aussi bien sur des plaques négatives au collodion au gélatino-bromure d'argent (plaque cassée, décollement de l'émulsion, sulfuration...) que sur des épreuves de toutes natures : papier salé, papier albuminé, papiers aristotypes, épreuves au platine ou au charbon, papiers modernes (supports inadéquats, déchirures, lacunes, taches, décoloration, présence de micro-organismes...) sans oublier des procédés aussi particulier que le daguerréotype, les ferrotypes ou les ambrotypes.
                                                                                                                        
  
         
 

 
 
Les travaux sont entrepris à la suite d'un dialogue nécessaire et souvent fructueux avec les conservateurs responsables des collections.

Les interventions réalisées sont avant tout des traitements de préservation (consolidation des supports, élimination des micro-organismes en autoclave, reconstitution des lacunes, doublage, isolation...) qui obéissent au principe de réversibilité. Il y a là une prise de position nette. Nous ne souhaitons pas entreprendre, comme certaines écoles le proposent, des travaux de restauration chimique pour la simple et bonne raison que le résultat est aléatoire, le principe de réversibilité bafoué, et que la structure argentique de l'image en est gravement modifiée. 
Les incunables de la photographie ont à peine plus de cent cinquante ans. C'est dire s'ils sont récents et c'est souligner également notre responsabilité face à des documents que nous avons pour devoir de transmettre intacts aux générations futures. Les traitements chimiques doivent nous intéresser dans le cadre de la recherche et de l'expérimentation mais en aucun cas dans le cadre de notre pratique quotidienne.
 
Cette parenthèse refermée, notons encore que l'ensemble des paramètres relevés et des résultats obtenus sont consignés, pour chaque phototype, dans un rapport de restauration. Ainsi, d'autres après nous, pourront reprendre à la base nos travaux avec peut être une autre philosophie et sans doute de nouvelles techniques issues des progrès technologiques.
 
 
 

 


 
 

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